Diaryatou Bah : on a volé mon enfance

On a volé mon enfance

Diaryatou Bah a été excisée à l’âge de 8 ans. Animatrice dans un centre d’insertion sociale, présidente d’Excision, parlons-en ! et militante féministe, elle a fait de son expérience un combat. Pour éradiquer une pratique qu’elle trouve profondément injuste. «Je n’ai jamais oublié ce jour-là, ce que j’ai ressenti, les cris de douleur que j’ai poussés.» Diaryatou Bah avait 8 ans quand elle a été excisée dans son pays natal, la Guinée. Aujourd’hui, la jeune femme a 33 ans. En cette Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines, elle fait partie des organisatrices d’un événement spécial à la Maison de crowdfunding, à Paris. Expositions, prises de paroles et débats sont prévus toute la journée autour des mutilations sexuelles.

On m’a volé mon enfance retrace la lutte bouleversante d’une jeune Guinéenne pour sa survie et son identité. A l’âge de quatorze ans, Diaryatou a été mariée de force. On lui promet un futur époux attrayant, qui soutiendra financièrement sa famille et, surtout, qui lui donnera la possibilité de gagner la Terre promise : l’Europe. En réalité, son mari est un marabout polygame qui la bat et l’entraîne dans le monde des clandestins. Devenue esclave domestique et sexuelle, elle vit dans une solitude extrême, en Hollande puis en France, dont elle parle mal la langue et où elle se sent déracinée. A dix-huit ans, après la perte de son troisième bébé, Diaryatou fuit son mari et se retrouve à la rue, sans ressources. Impossible de rentrer en Afrique, elle serait disgraciée. Avec le soutien dissociations, le long processus d’intégration en France se met en route. Une voix de femme qui s’attaque sans concession au poids de la coutume, à l’indifférence de sa famille, et prouve que  » France, terre d’accueil  » n’est pas une vaine expression.